Filière équine

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Poids socio-éco de la filière équine en Wallonie. Etude réalisée au cours de l'année 2009


Poids socio-éco de la filière équine en Wallonie. pdf

Depuis un peu plus de trente ans, l'activité équestre ne cesse de croître un peu partout dans le monde et tout spécialement dans les pays européens. La Belgique et la Wallonie n'échappent pas à cette tendance.

Conscient de l'importance de cette activité, de ses nombreuses et diverses retombées économiques et sociétales, le Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité a désiré cette étude afin d'appréhender au mieux l'impact de la filière équine en Région wallonne.

Le Centre européen du Cheval de Mont-le-Soie, le Département d'économie rurale de l'Université de Liège, l'Unité d'économie et de développement rural des Facultés agronomiques de Gembloux, soit les trois entités chargées de la réalisation de l'étude n'ont eu que très peu d'éléments statistiques à leur disposition pour entamer et mener à bien le projet, si ce n'est un travail de 2003 intitulé « L'importance économique du secteur chevalin » réalisé par l'équipe du Professeur Viaene de l'Unité d'économie rurale de l'Université de Gand à la demande de la Confédération belge du Cheval. Cet ouvrage concernait l'ensemble de la Belgique et se concentrait essentiellement sur les aspects économiques traditionnels et évidents d'une filière (emplois, valeur ajoutée, balance commerciale) tout en reconnaissant que le secteur cheval ne ressemble à aucun autre et qu'il revêt nombre de zones d'ombre.

C'est qu'effectivement, la filière équine est totalement polymorphe. Son approche s'avère tantôt segmentée, tantôt superposée. Il s'agit d'un secteur au sein duquel l'agriculture, l'élevage, le sport, le commerce, la recherche ou les loisirs sont intimement mêlés même si certains soussecteurs semblent fonctionner de manière totalement autonome. Il fait souvent l'objet d'une activité où la frontière entre hobby et profession est peu définie. L'aborder sous l'angle classique des études économiques n'a que très peu de sens d'autant que les données disponibles sont totalement lacunaires puisque les indicateurs économiques ont toujours considéré la filière comme portion congrue et que le monde du cheval lui-même ne s'est que très peu structuré en relation à ces mêmes indicateurs.

« Pour vivre heureux, vivons cachés » est une devise qui semble avoir longtemps servi de leitmotiv à la corporation équestre de chez nous. Les pressions de la société contemporaine font que le monde wallon du cheval revendique désormais la place qui est la sienne sur l'échiquier socioéconomique et se fédère en ce sens. Dans le même temps, les pouvoirs publics régionaux ont pris conscience des multiples opportunités que présente l'activité équestre : qu'il s'agisse de (re)développement rural, de recherche vétérinaire, d'exportation de savoir-faire, de création de produits à haute valeur ajoutée, de stimulation d'emploi, de biodiversité, d'image de marque ou d'outil pédagogique.

La commande de la présente étude témoigne de l'intérêt que les autorités publiques portent désormais à un secteur trop longtemps ignoré. La qualité des informations et des témoignages recueillis auprès des personnes-clés de la filière équine montrent que celle-ci assume pleinement sa récente et légitime reconnaissance.
Nous aimerions remercier tous les acteurs dont la contribution a permis le présent travail : associations, fédérations, professionnels, amateurs, passionnés ou observateurs. Merci aux éleveurs, cavaliers, moniteurs, entrepreneurs, maréchaux-ferrants, vétérinaires, exploitants de manèges, organisateurs et autres détenteurs de chevaux, poneys et ânes auprès desquels nous avons pu collecter une foule de données.

Un grand nombre de celles-ci présentent un caractère relatif et peuvent laisser place à diverses interprétations. L'absence de chiffres précis a parfois nécessité le recours à des valeurs moyennes que nous avons étayées par des enquêtes de terrain.